Mon pote Arthur (nouvelle)

Publié le 7 Mai 2011

 

 

 

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Je m'entends bien avec Arthur, on peut dire que c'est mon seul ami...

Nous venons de nous quitter après une longue discussion de part et d'autre de la table de formica.


Ma femme Daisy est très proche de sa femme Lisette...

C'est mon plus proche voisin, et c'est comme ça que je l'ai connu.


J'étais flic, vous savez, et j'ai travaillé dans toute l'amérique, Détroit, Chicago, San Antonio, Houston, Philadelphie, pour terminer ma carrière à New York...


Que des grandes villes, c'est pourquoi j'ai décidé de vivre pleinement ma retraite dans le New Jersey, dans une toute petite ville.

J'adorais mon métier certes, mais il n'a pas favorisé les amitiés.


Mon fils ainé, John, est resté avec son épouse Lisbeth, à Hoouston. Ils ont trois enfants qui nous rendent visite à Thanksgiving.

Ma fille, Jenny, est elle restée à Philadelphie, avec son époux, Andrew. Ils essayent désespérément d'avoir un enfant.

Ma petite dernière, Denise, fait ses études à New York, et y possède un petit logement. Elle dit qu'elle veut être libre.

 

 

Arthur, je l'ai rencontré lors de mon déménagement. Il est venu nous aider, à porter nos cartons.

Ensuite il m'a invité à ma première partie de pêche.

Autant vous dire que cela m'a, tout de suite, captivé.

Pour une personne, qui comme moi, était toujours sur les routes, se reposer ainsi au bord de l'eau, et épier le moindre mouvement, cela fait beaucoup de bien.

 

 

Dans la bourgade où nous vivons, il y a juste un sherif, et deux adjoints.

Je suis allé leur proposer mon aide dès mon arrivée, mais il n'en ont pas besoin.

Ils n'ont pas de problèmes, par rapport à une bourgade voisine, où l'on vient de faire une macabre découverte.

 

 

Arthur qui est retraité, a largement regretté de ne pas être éligible en son temps, à l'école de police.

Au lieu de ça, il a passé sa vie à monter des compteurs pour la compagnie d'électricité.

C'est pourquoi il s'intéresse beaucoup a mon métier, et en parler avec lui me permets de revivre certaines situations trépidantes vécues dans mon passé.

 

 

Arthur a un fils, Sean, qui s'est enrôlé dans la navy.

Il n'a plus de nouvelles de lui depuis bientôt 10 ans.

Il a toujours vécu dans le coin, et connait beaucoup de monde, même si parfois il semble préférer la solitude.

Son épouse, qui adore jardiner, a donné des cours de botanique à la mienne.

 

 

C'est comme ça que nos vies se sont arrangées, dès le début de notre emménagement. 

Lui et moi à la pêche.

Daisy et Lisette, dans le jardin ou la cuisine.

Nous menons une petite vie paisible, comme ça, tous les quatre.

 

 

J'ai appris dans le journal, que les restes d'une personne agée, viennent d'être découverts, à l'orée d'un bois, dans une commune voisine à vingt kilomêtres de chez nous.

Cela fait froid dans le dos.

Ils disent que ces restes datent d'au moins dix ans.

 

 

Arthur pense qu'il faudrait rechercher du côté des hippies qui habitaient la région à l'époque.

Il s'en passait de belles me dit il !

Ces personnes étaient droguées en permanence, et vivaient d'expédients.

Ce que vient de me confirmer l'épicier du village. C'est qu'ils lui ont dévalisé la boutique à plusieurs reprises.

 

 

Aujourd'hui, le bourg est plutôt calme. Hormis les quelques ivrognes qui le traversent, rien de bien explosif.

Vous me direz, certes, que pour moi c'est ce qu'il faut. Je suis à la retraite.

Donc je me contente de suivre les investigations dans le journal.

 

 

Ils ont décidé de creuser alentour, pas acquis de conscience.

Et quelle ne fut pas leur surprise de déterrer un , puis deux, puis quatorze corps...

Le dernier de ceux ci, n'était là que depuis quelques semaines.

Toute la région était en ébullition, il semblait y avoir un serial killer près de chez nous.

Arthur fut le premier à faire installer une alarme dernier cri, je le suivis de peu.

 

 

Le FBI vint alors à la rescousse des policiers du coin.

Bien qu'ancien policier et malgré mon bon vouloir, je ne pus participer à l'enquête.

 

 

Nous en discutions parfois entre voisins, lorsque nous sortions de la paroisse le dimanche.

Mais la peur semblait bien s'être emparée de beaucoup d'entre nous.

Regards fuyants, ragots en tous genres, dénonciations anonymes...

Les policiers ne savaient où donner de la tête, ils semblaient perdus.

C'était la cacophonie.

 

 

Rien ne pouvait relier les cadavres entre eux, bien que certains furent identifiés, il ne semblaient avoir aucun point commun.

Cependant, à côté de chacun d'entre eux, une superbe rose...

Le signe du tueur.

 

 

Nous ne sortions que peu désormais, et toujours par deux. Je sortais soit avec Arthur, soit avec ma femme.

 

 

De l'adn fut identifié, ils nous demandèrent alors de venir donner notre empreinte génétique.

MOn épouse et moi nous y sommes rendus avec plaisir, je ne suis pas un tueur !

Arthur, ne voulait pas, sans commission rogatoire, véxé qu'on puisse le prendre comme tel.

Il s'est bien tenu toute sa vie, même pas une condamnation pour excès de vitesse, il était très surpris que l'on puisse le prendre pour un tueur.

 

 

Les commissions rogatoires, pour toutes les personnes des environs, ne sont pas arrivées très vite.

Nous n'allions plus à la pêche, et nous contentions de suivre les nouvelles à la télé.

 

 

Un jour, je reçus une convocation au poste de police.

Je me demandais si l'on allait me proposer de reprendre du service, les policiers du coin semblants débordés.

Lorsque j'arrive, on me présente deux inspecteurs, Harry et Sally. (petit sourire Marynien...)

Alors que j'étais prêt à leur faire une nouvelle proposition d'aide, il me dirent qu'ils faisaient une enquête de voisinage.

Comment était notre vie depuis notre arrivée, nous étions nous liés d'amitié avec certaines personnes, aurions nous aperçut quelque chose de louche, de bizarre ?

Rien de tout cela, que nenni.

Nous passions le plus long de notre temps avec Arthur et Lisette, deux couples de retraités.

Nous allions à la pêche, nous rendions à la paroisse le dimanche, et avions installé des alarmes les premiers.

 

 

Il commençait à faire chaud, et nous préparions activement le barbecue du premier dimanche de juillet, qui coïncidait avec la fête nationale.

 

 

Nous y avons invité nos plus proches voisins, ce qui faisait malgré tout une bonne cinquantaine de personnes.

Arthur et moi étions aux fourneaux, lorsque les policiers débarquèrent.

Il fut arrêté manu militari.

 

 

C'est là que j'ai appris, qu'ils l'avaient convoqué, avec une commission rogatoire pour son Adn.

C'est là que j'appris qu'ils avaient retrouvé son fils au large de l'Irlande, et qu'ils l'avaient questionné.

C'est là que j'appris que son fils est parti car il avait très peur des réactions de son père.

C'est là que j'appris, qu'après une perquisition minutieuse de son domicile, ils ont trouvé la clef du chalet, dans le bois de la commune à vingt kilomètres de chez nous. Chalet dont sa femme ne connaissait même pas l'existence.

C'est là que j'appris qu'il avait un autre véhicule, un van, retrouvé près de ce chalet.

C'est là que j'appris qu'il prenait régulièrement des gens en stop, et les menait directement au chalet, d'où ils ne sortaient pas vivants.

 

 

 

Je veux comprendre, et c'est pourquoi nous avons désormais tous deux, de longues discussions, assis de part et d'autre de la table en formica du parloir.

 

 

Je ne vais plus à la pêche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Maryn

Publié dans #Chroniques....

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